J’aime marcher sans but précis, me laisser guider par les visages, les regards, les présences. La rue est un théâtre vivant où chacun porte une histoire, souvent invisible aux yeux des autres. Moi, je m’arrête. J’observe. Et parfois, je demande.
Souvent, la même question revient, teintée de surprise ou de méfiance :
« Pourquoi vous voulez me prendre en photo ? »
« Pourquoi vous voulez me prendre en photo ? »
Alors je prends le temps de répondre, simplement, sincèrement. Je leur dis qu’ils sont uniques. Que quelque chose, dans leur manière d’être là, m’a touché. Que je les ai vus. Vraiment vus. Dans un monde où l’on passe les uns à côté des autres sans se regarder, je veux leur offrir cet instant de reconnaissance.
Photographier des inconnus, ce n’est pas capturer une image. C’est créer une rencontre. Même brève, même fragile. C’est dire à quelqu’un : tu existes, tu comptes, tu n’es pas invisible.
J’aime cette humanité brute, imparfaite, diverse. Les rides racontent autant que les sourires, les silences autant que les mots. Chaque portrait est une trace, un fragment de vie partagé entre deux personnes qui, sans cela, ne se seraient jamais croisées autrement.
Dans la rue, il n’y a pas de modèles. Il n’y a que des êtres humains. Et c’est précisément cela que je cherche.